“Madame, Monsieur,
Vous m'avez adressé, ainsi qu'à mon collègue Jean-Paul BOUCHE, Maire
de quartier, un courrier pétitionnaire faisant état de l'insécurité croissante, de divers trafics et du sentiment d'abandon qui toucherait, selon vous, votre copropriété Terre Garonne, sise 44 avenue de Muret, a Toulouse.
Bien entendu, votre correspondance a retenu toute notre attention.
En premier lieu, je tiens à vous assurer que nous prenons très au sérieux
la situation que vous décrivez et comprenons pleinement les inquiétudes qu'elle peut susciter pour les habitants. En outre, la tranquillité publique, la sécurité du quotidien et la qualité de vie dans chaque quartier de notre commune constituent des priorités essentielles.
Chaque quartier est unique par ses particularités et ses préoccupations.
C'est pourquoi nous nous efforçons d'être à l'écoute et d'engager un dialogue constructif et direct avec les habitants, les acteurs économiques et associatifs, afin d'adapter l'action de la collectivité à leur environnement quotidien.
En outre, le 4 février dernier, lors d'une visite sur le quartier Croix-de-
Pierre dans le cadre des Journées de quartier, je me suis rendu sur place afin de constater la situation. À cette occasion, j'ai pu effectivement relever plusieurs problématiques, notamment le stationnement illégal sur les cheminements piétons ainsi que les points de dépôts sauvages, qui posent un réel problème de salubrité.
Lors de cette visite. j'ai également rencontré des habitants du quartier
ainsi que certains commerçants, dont le boucher, qui ont pu me relater l'ensemble des difficultés observées sur le secteur. Cette présence sur le terrain, aux côtés de Jean-Paul BOUCHE, m'a permis de prendre pleinement conscience de cette situation et de la nécessité d'y apporter des réponses adaptées.
Car les difficultés que vous rencontrez ne doivent en aucun cas devenir
une fatalité. Aussi, j'ai demandé aux services municipaux concernés, notamment à la Police Municipale, de renforcer leur présence et leur vigilance dans votre secteur.
En 2025, sur l'ensemble du quartier Croix de Pierre les agents de la
Police Municipale ont procédé à 113 verbalisations pour des infractions multiples telles que stationnement, Code de la Route, vitesse ou bruit.
Egalement, 231 mains-courantes ont été rédigées, ainsi que 4 rapports
d'informations Judiciaires à l'attention du Procureur de la République.
Soyez assurés que la Police Municipale et plus particulièrement la
Brigade en charge de votre secteur restent pleinement mobilisés pour répondre aux sollicitations des riverains.
Néanmoins, après analyse des relevés des appels auprès de la
plateforme Allô Toulouse en 2025 et en ce début d'année 2026, il apparait que :
- en 2026: un appel a été recensé concernant la problématique du
stationnement sur l'allée des Lavandières, mais aucun appel autour du 44 avenue de Muret ;
- en 2025 :
sur les allées piétonnes (Lavandières et Pêcheurs de Sable) :
o stationnement : 22 appels (d'avril à décembre, dont 19 d'octobre à
décembre) :
o occupation de halls d immeubles: 2 appels (en décembre) ;
o regroupements de personnes : 6 appels (d'août à décembre, dont 4 au
4 allée des Lavandières) :
o marginalité : 2 appels (en juillet et août) :
autour du 44 avenue de Muret (d'août à novembre) :
o stationnement: 3 appels ;
o occupation de halls d'immeubles : aucun appel ;
o regroupements de personnes : 1 appel ;
o marginalité: 1 appel.
Vous le constaterez, les signalements sont nettement plus élevés sur le
secteur des allées piétonnes des Lavandières et des Pêcheurs de Sable, c'est-à-dire à L'intérieur de la résidence, avec une forte concentration des appels liés au stationnement (22 appels), principalement sur le dernier trimestre (octobre-décembre).
A l'inverse, l'immeuble situé au 44 avenue de Muret reste faiblement
impacté sur l'ensemble de la période, tant en 2025 qu'en 2026, avec des volumes d'appels limités et sans problématique récurrente marquée.
Toutefois, nous avons bien conscience que la problématique de la
marginalité s'est accentuée récemment, avec notamment des comportements parfois agressifs constatés devant le Carrefour City situé au 44 avenue de Muret. En effet, il semblerait qu'entre 16h et 22h, un groupe de deux à trois individus stationne de manière récurrente devant le magasin.
Ce point a été évoqué le 21 janvier dernier, dans le cadre d'un groupe de
partenariat opérationnel (GPO), qui est un dispositif visant à renforcer la coopération entre la Police Nationale, la Police Municipale et les acteurs locaux pour résoudre de manière collective les problèmes de sécurité dans un quartier ou une zone déterminée.
En complément, une mission permanente des forces de police a également été programmée.
Par ailleurs, à la suite de plusieurs signalements, notamment en lien avec
des intrusions au sein des immeubles et des parkings souterrains, Jean-Paul BOUCHE a organisé une visite sur site réunissant Kaufman & Broad, les syndics de copropriété, la Police Municipale, le Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD), et la Police Nationale, autour des enjeux de prévention, de sécurité et de sûreté.
A cette occasion, la Police Nationale avait préconisé l'installation de
grilles jusqu'au bord du cheminement piéton afin de sécuriser l'espace entre le bâtiment et la zone de circulation. Néanmoins, nous avons écarté cette option en raison notamment des délais importants qu'une telle installation impliquerait et de la complexité juridique liée aux modifications foncières nécessaires.
Pour autant, nous avons souhaite, en substitution, rehausser les clôtures
grillagées prévues au permis de construire, situées à proximité immédiate des bâtiments et matérialisant la séparation entre espace public et espace privé.
La Police Municipale et le CLSPD ont par ailleurs préconisé de ne pas
tailler excessivement les végétaux, afin de favoriser leur densité et leur hauteur, renforçant ainsi l'effet de séparation et de dissuasion.
Concernant les cheminements intérieurs, la Police Nationale a recommandé la mise en place de haies plantées, denses et continues, afin de créer une barrière physique entre les cheminements et les loggias.
Le promoteur a également proposé L'installation d'une clôture équipée
d'un portail d'accès, permettant la réalisation des opérations d'entretien, notamment pour les regards techniques.
Enfin, la création d'une hale en bordure de clôture a été suggérée, afin
de limiter l'accès direct à celle-ci et de renforcer la protection des abords du bâtiment.
Comme vous le voyez, votre quartier n'est pas laissé de côté, bien au
contraire : il fait partie intégrante de notre territoire et je puis vous assurer que nous y accordons une attention toute particulière.
En outre, la situation de la résidence Terre Garonne a été abordée lors
des Cellules Territoriales de Prévention et de Sécurité (CTPS) des 7 mai et 15 novembre 2025, ainsi qu'en GPO, le 21 janvier dernier, comme évoqué supra.
Ce travail de concertation a débouché sur plusieurs opérations de
contrôle, à savoir :
- trois opérations interservices associant la Police Municipale, la Police
Nationale et la Compagnie Interdépartementale d'Intervention :
- deux opérations cynophiles menées par la Police Nationale
Ces interventions ont permis d'identifier des cas très ponctuels de
consommation de produits stupéfiants sur les allées piétonnes des Lavandières et des Pécheurs de Sable. Toutefois, les services de police sont formels : aucun trafic de stupéfiants n'est établi sur la résidence.
Par ailleurs, lors de la CTPS du 15 novembre, mes collègues Emilion
ESNAULT, Adjoint au Maire en charge de la coordination des politiques de bonne tenue de l'espace public, de la prévention de la délinquance, de la sécurité et de la tranquillité publique, et Jean-Paul BOUCHE, en lien avec la Police Municipale, ont décidé de conduire des opérations « Code de la rue » afin de contrôler les mésusages sur les hauts de la digue. Deux missions ont ainsi été menées les 11 et 15 décembre 2025.
Globalement, et en lien avec la Police Nationale, aucun trafic de
stupéfiants n'a pour l'heure été constaté sur ce site. Il s'agit principalement de consommations sur l'espace public et de quelques intrusions dans les parties communes, ce que confirme la Police Municipale.
Il est également constaté quotidiennement la présence de véhicules
stationnés dans les allées piétonnes du site. Ces comportements peuvent, j'en conviens, fort légitimement générer de l'agacement chez les riverains et, associés à quelques cas d'intrusions, de regroupements de personnes et aux récents faits de marginalité parfois agressifs, contribuer a un sentiment d'insécurité.
Toutefois, objectivement, rassurez-vous : aucune insécurité notable et
avérée n'est établie sur votre résidence.
Pour votre parfaite information, l'ensemble des problématiques visées
dans votre lettre donneront lieu à une nouvelle réunion de suivi, le 18 février prochain, à laquelle participeront, outre Jean-Paul BOUCHE qui en est l'organisateur, la Police Nationale, Le chargé de mission CTPS, Le syndic, les habitants (Président du Conseil syndical) et un commerçant (boucherie Jérôme).
Je puis vous assurer que ce dossier est suivi de manière permanente par
Jean-Paul BOUCHE, le Territoire Sud ainsi que par les services de Police Municipale et Nationale dans le cadre du GPO.
Concernant les deux principaux faits que vous signalez, à savoir le
stationnement illicite dans les cheminements piétons et les intrusions ponctuelles dans les parties communes et les parkings, ceux-ci relèvent de la tranquillité résidentielle. Je dois, à ce titre, rappeler que les syndics de copropriété. bailleurs ou gestionnaires sont légalement contraints d'assurer la tranquillité et les jouissances de lieux dont ils ont la charge en vertu des articles L126-2 et 127-1 du Code de la Construction et de l'Habitation.
Il appartient donc à votre syndic de copropriété de mettre en
œuvre les moyens nécessaires pour garantir la bonne tranquillité des résidents. En outre, rien ne s'oppose, contrairement au domaine public, à ce que le syndic fasse appel à une agence de vigiles.
S'agissant de la dégradation de la salubrité publique, notamment de la
présence des dépôts sauvages d'ordures sur l'avenue de Muret et l'impasse Boutinon, j'ai aussitôt relayé votre correspondance auprès du Territoire Sud de Toulouse Métropole, en charge de votre secteur, afin qu'une vigilance accrue soit portée aux opérations de nettoyage.
Je tiens en outre à vous préciser que les dépôts sauvages sont collectés entre 24h et 48h après le signalement effectué par le surveillant de l'espace public.
Dans l'immédiat, je vous invite a poursuivre vos signalements auprès de
la plateforme « Allô Toulouse », joignable 24h/24 et 7j/7 en téléphonant au 05.61.222.222 ou via L'application mobile pour smartphone ou tablette, pour faire intervenir une équipe en charge du nettoyage.
Cette plateforme ainsi que l'application du même nom, permettent
également l'enlèvement gratuit des encombrants devant le domicile ou encore d'accéder aux services standards proposes par la Collectivité.
Quant à votre alerte au sujet de la prolifération de bouteilles de
protoxyde d'azote aux abords des écoles maternelles et dans l'allée des Gabares, je partage avec vous le fait qu'il s'agit là d'un véritable enjeu de sécurité publique.
Aussi, nous avons décidé, à la Mairie de Toulouse, d'interdire, à travers
un arrête du 2 octobre 2020, l'usage récréatif du protoxyde d'azote sur l'espace public, afin de protéger la santé publique, la sécurité et la tranquillité des habitants.
Aujourd'hui, force est de constater que l'usage détourné du protoxyde
d'azote connaît une progression préoccupante, avec des conséquences lourdes. Sa consommation régulière présente des risques sanitaires graves et expose les usagers à des situations de surdosage pouvant mettre en danger leur santé.
Par ailleurs, vous avez raison, cela entraîne une accumulation massive de
cartouches et de bonbonnes usagées dans l'espace public, sur les voles publiques, mais aussi dans les parcs, jardins et espaces verts. Ces déchets, souvent encore sous pression, représentent un danger réel lors de leur collecte et de leur traitement, avec des risques d'incendie ou d'explosion, notamment dans les installations d'incinération, susceptibles de mettre en danger les agents municipaux et les personnels chargés de la gestion des déchets.
Enfin, la prise en charge de ces déchets spécifiques génère, en outre, un coût important pour la Collectivité, lié à leur traitement particulier et aux réparations du matériel dégradé.
Face à ces constats, j'ai signé un nouvel arrêté, afin d'élargir, préciser et
renforcer les mesures de lutte contre l'usage récréatif du protoxyde d'azote sur l'ensemble du territoire communal.
Voici les principales mesures du nouvel arrêté, que vous trouverez par
ailleurs ci-joint:
- un encadrement de la vente par les commerces: la vente ou la
cession de protoxyde d'azote est interdite dans les commerces entre 21h00 et 8h00.
Cette mesure vise à limiter l'accès au protoxyde d'azote aux horaires ou les usages détournés sont le plus fréquemment constatés, tout en tenant compte de l'activité des commerces. Les horaires définis par l'arrêté ne concernent pas l'utilisation normale de ce produit (usage médical ou alimentaire) et participent également à une démarche de responsabilisation des points de vente face aux détournements de ce produit.
- une, interdiction étendue à l'ensemble de L'espace public: la
détention, l'utilisation, la vente ou la cession à des fins d'utilisation de gaz hilarant ainsi que le dépôt et l'abandon de protoxyde d'azote, sous forme de cartouches ou de tout autre récipient, par des personnes mineures ou majeures, sont interdits :
o sur les voies publiques
o dans les parcs, jardins et zones vertes ouverts au public.
Ces interdictions s'appliquent sur l'ensemble du territoire de Toulouse.
- une gestion sécurisée et obligatoire des cartouches usagées : il est
strictement interdit de jeter ou d'abandonner les cartouches, bonbonnes ou tout autre récipient contenant ou ayant contenu du protoxyde d'azote dans les poubelles, conteneurs ou dispositifs de collecte des déchets. Ces déchets doivent obligatoirement être apportés en déchèterie, afin de prévenir les risques d'incendie ou d'explosion et de protéger les agents et les équipements municipaux.
Grâce à ces dispositions élargies, la Police Municipale dispose ainsi d'un
cadre opérationnel actualisé lui permettant de constater les infractions et de verbaliser les usages interdits, les ventes non conformes et les abandons de cartouches dans l'espace public.
Pour votre parfaite information, en 2025, nous avons enregistré 739
verbalisations pour « Détention, utilisation et abandon interdit de cartouches de protoxyde d'azote sur les espaces publics », et 93 du 1°' au 26 janvier 2026, soit 832 verbalisations au total depuis le 1ª janvier 2025.
Soyez assurés que nous restons pleinement engagés à vos côtés et que
nous continuerons à suivre la situation de près.
Enfin, en sa qualité de Maire de votre quartier, Jean-Paul BOUCHE
demeure à votre entière disposition, si vous le souhaitez, pour évoquer plus avant ces problématiques ou toute question vous tenant à cœur concernant votre secteur.
A toutes fins utiles, son secrétariat est joignable en téléphonant au
05.62.27.49.78.
En vous assurant de tout l'intérêt que je porte aux signalements qui me
sont faits sur ces sujets du quotidien et de ma volonté de tout mettre en œuvre pour préserver la tranquillité de tous les Toulousains,
je vous prie de croire Madame Monsieur, à l'assurance de mes
sentiments les meilleurs.”